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Une charte des réseaux sociaux ? Puisque vous insistez…

Avant de commencer ce nouveau post, je précise juste que j’ai démissionné du Berry.fr pour rejoindre Owni.fr, mais que ce blog se poursuit, pour des raisons détaillées dans l’about.

Peu avant mon départ, une journaliste de la PQR m’a appelée pour avoir des conseils en vue de la rédaction de leur charte des réseaux sociaux.
L’idée d’un tel texte me semble un tantinet bizarre : je serais tentée de renvoyer à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui pose la liberté d’opinion et d’expression comme un droit fondamental.
Mais c’est un peu court pour faire un billet et mon interlocutrice n’aurait pas été bien avancée.

Photo Flickr Bearman2007

Il est aussi hypocrite qu’ennuyeux de verser dans une pseudo-neutralité, comme le Washington Post a voulu faire, pour en venir directement au point sensible qui fait flipper dans les hauteurs des pyramides hiérarchiques, que tant d’horizontalité déconcerte : le journaliste est un homme comme les autres, qui a des positions et des émotions. Et bien qu’il les exprime sur les réseaux sociaux ! La PQR est dans l’ensemble assez tiède pour qu’elle déconseille en plus à ses journalistes d’injecter du subjectif sur leurs comptes Facebook et Twitter. Tant qu’ils respectent la loi et évitent les excès du type dézinguage systématique. À chacun de peser ce qu’il dit, et de choisir qui il followe ou demande en ami pour entretenir son réseau, il n’y a pas grande différence avec les conversations que l’on peut avoir IRL et la mise à jour de son bon vieux carnet d’adresses.
Il y a une attente du lecteur dans ce sens amha : de l’éditorial, pour faire un parallèle avec la presse traditionnelle.
Il me semble aussi intéressant de raconter “la fabrique de l’information”, y compris dans le sens d’un processus émotionnel : il y a des reportages qui vous remuent, en bien, en mal, vous réjouissent, vous font rire, bref vous font penser que vous exercez le plus beau métier du monde. Pas le compte-rendu de la galette des rois du club de tricot, bien sûr…

Twittez en reportage !

Photo Flickr lazysupper

Sur Facebook, je m’étais créé un compte “pro” : je n’avais pas trop envie d’avoir certains hommes politiques du coin dans mes “amis”, même si ce mot n’a ici pas son sens originel fort.

Je dois juste avouer avoir bloqué un utilisateur, et pas n’importe lequel : l’adjoint aux NTIC de Bourges. Lisez les échanges suivants et vous comprendrez… Je ne suis pas sûre qu’il s’en soit rendu compte ;-)

@sabineblanc Est-ce normal, vous n’êtes plus dans mes followers ? une façon de ne vous intéresser qu’aux réponses à vos messages ?

@pbensac que me vaut tant d’agressivité :) je followe les gens que j’estime en valoir la peine, nous sommes dans une république démocratique

@sabineblanc soit, militante “agitateur” plutôt que journaliste. Je respecte donc votre choix démocratique, étant moi-même un démocrate Rép

lol @pbensac adj. aux NTIC à #Bourges me juge “militante “agitateur” plutôt que journaliste” car je ne suis pas son étique Twitter

@sabineblanc je note l’évolution du style et le rapprochement tactique entre l’édition internet du Berry et la meute “agitée” ou “pendue”.

(”agitateur” en référence à L’Agitateur de Bourges, webzine bensacophobe et “pendue” au Berry ripoublicain/Le Berry des pendus, nouveau site d’information “alternatif” qui pour le coup me laisse très dubitative, par la virulence gratuite de ses attaques et ses postures anti-bourgeoisie d’adolescent sadien attardé, NdPQR, mon amour)

Il serait dommage de conclure sur cette attitude atterrante, voici donc, à titre d’exemple, les comptes de trois journalistes en locale qui mêlent avec bonheur veille, promo de leur titre et tweets plus personnels :
-@clarkent2007, qui travaille pour Dixhuitinfo.com, pure player couvrant le 18ème arrondissement de Paris.
-@Julien_Beneteau, exerçant ses talents polyvalents au Républicain lorrain et également blogueur.
-@la_nr_chantal, au web de La Nouvelle République

Un choix très… subjectif bien entendu. Si vous avez d’autres noms à suggérer, faites vous plaisir ;-)

Et à l’attention des lecteurs pour lesquels ce distinguo entre compte personnel et compte “officiel” ne serait pas évidente, la seule chose finalement que la charte serait en droit de demander, c’est la mention : “Les opinions exprimées ici n’engagent que moi et pas mon titre.”

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Première Berry Twitter party : pédagogie au pub

Avoir un compte Twitter @leberry_fr, c’est bien. Réunir nos followers, leur apprendre à mieux utiliser le service et surtout en initier de nouveau, c’est encore mieux. Pour aussi connu que soit Twitter, il n’en reste en effet pas moins un réseau confidentiel et difficile à appréhender, contrairement aux très mainstreams Facebook et Copains d’avant. Actuellement, le site plafonne à 130 followers environ, dont une partie de veilleurs en tous genres qui n’ont strictement rien à voir avec le Berry, bref ne font pas partie de la communauté naissante du journal. Sans compter une proportion de comptes morts-nés ou étiques. Les vrais utilisateurs, qui maîtrisent vraiment l’outil, ben y en a pas beaucoup : ( Il suffit de voir les rares replies et RT pour me le rappeler cruellement.
Avec trois amis berruyers Twitter-addict, j’ai donc organisé la première Berry Twitter party samedi dernier, “en partenariat avec Leberry.fr”, dans un des rares bars de Bourges équipé du WiFi gratuit , le Murrayfield. Lors de la phase de promotion, nous avons bien martelé : “utilisateurs habitués ou néophytes curieux, vous êtes tous bienvenus : des ateliers d’initiation sont prévus.”

Une belle brochette de politiques

Twitter a réuni, de gauche à droite, le PS (Yann Galut, vice-président du consiel général du Cher), Yannick Bedin, conseiller municipal PC à Bourges, Hassen Chebili, même titre mais étiquette Nouveau Centre et, hors cadre, Philippe Bensac, UMP, adjoint aux NTIC à Bourges. Au premier plan, de dos, Johan Guillermin, muté à Tours après la fermeture de l'édition du Cher de La Nouvelle République. Il a réactivé pour l'occasion le compte de La NR. ET la berrytp l'a convaincu de faire son compte perso : @jguillermin

Car c’est un des rôles des journalistes web de faire de la pédagogie. Tout le monde connait Internet, en revanche, il n’y a pas tant de monde que cela qui sache maîtriser ses outils. Opinion confirmée par André Gentit, animateur mobile multimédia au conseil général du Cher, qui  m’a aidé à faire cette Berrytp : rss, hashtag, agrégateur… du français courant pour un “geek”, du chinois pour la plupart des gens ! Il m’est déjà arrivé d’apprendre à un élu de Bourges, comment insérer une photo dans un tweet avec son Iphone. Il était sur un marché lors de la votation sur la privatisation de La Poste, il faisait un peu pitié avec son bel appareil sous-exploité ;-)
Mais revenons à notre Berry Twitter party (#berrytp). Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, j’ai fait le reportage vidéo pour le site, un papier pour le print, sans oublier quelques tweets en direct, pro et perso. Shiva dans toute sa splendeur, et heureuse de l’être  :)

Voici ce que la réunion a donné :

http://www.dailymotion.com/videoxc2xl4

Bon évidemment, on ne va pas se leurrer : le nombre de followers de @leberry_fr ne va pas exploser en deux coups de cueillère à pot (au pub). C’est par des rendez-vous réguliers que le nombre d’oiseaux grossira petit à petit. Mon remplaçant sera briefé sur le sujet ;-)

Et une journaliste web et @dodovanille, une blogueuse berrichonne

@dodovanille, blogueuse berrichonne, venue malgré la neige #gentillesse

Photo : Igor Maynaud, webmaster du site du conseil général du Cher et organisateur.

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Les cousins de province twittent aussi

Non, Twitter n’est pas réservé à un petit cercle journalistique parisiano-parisien. Et il n’est pas nécessaire d’avoir un gros potentiel d’audience pour tirer partie d’un compte pro. Les “bouseux” de la presse locale s’y sont aussi mis, et c’est tant mieux. En juin, on nous a créé des comptes pour les quatre titres du groupe Centrefrance. Aux journalistes responsables du web de gérer comme ils l’entendent.

Honnêtement, dans un premier temps, j’ai considéré la nouveauté d’un oeil circonspect. Dans le Berry, les twitteurs se comptaient alors sur les doigts de la main d’un menuisier en fin de carrière, à quoi bon ? En même temps, c’était là, autant y jeter un coup d’oeil. Quelques mois après, je suis revenue sur cet a priori.
Avant de l’investir vraiment, j’ai d’abord passé un p’tit coup de fil au marketing pour qu’ils habillent la page aux couleurs du groupe. Ils ont aussi la bonne idée de faire un lien en homepage du site, comme pour notre page fan Facebook. Soit dit en passant, j’ai vu des tweets passer lorsque Le Monde a fait la même chose, quelques semaines après nous…

image-13

Être présent sur ce réseau, c’est déjà bon pour l’image : nous utilisons les nouveaux canaux de diffusion. Mais en soi, brancher les tuyaux n’apporte pas de plus-value par rapport à un simple fil RSS.
Pour avoir la possibilité de rendre plus vivant l’outil, il faut déjà remplir la cage aux oiseaux, à notre modeste échelle berrichonne. Certains internautes viennent d’eux-mêmes, d’autres sont attrapés d’un coup de filet magique appelé “follow”. Neuf fois sur dix, le following devient follower. Il y a aussi la classique tactique qui consiste à voir ceux qui suivent les followers de @leberry_fr, ce sont des clients potentiels.
Autre stratégie, la fonction “nearby” sur l’Iphone, qui fonctionne par géolocalisation. Il faut juste éliminer les Allemands et les Hollandais de passage à Bourges et qui ont tweeté sur les charmes de la cathédrale. Ils se repèrent à leur langue étrange.
A l’heure actuelle, une cinquantaine de personnes nous suivent, des particuliers, des entreprises. Soit dit en passant, la génération Y est quasiment absente, rien d’étonnant.
L’avantage d’en avoir peu, c’est que je les connais comme si je les avais pondus ces petits oiseaux. Chaque profil est examiné avec soin. Je les suis, pour la plupart. Au début, je me suis demandée s’il fallait le faire. Certains journaux le font, d’autres oui. Personnellement, ça me semble un retour au vieux fonctionnement cloisonné : d’un côté le lecteur, de l’autre le journal. C’est aussi se priver de sujets potentiels. J’ai ainsi dégoté un expatrié québécois qui fera les délices de ma rubrique “Expatriés berrichons”. Une dénommée Anne-Blanche fait des râteaux… bio. Manque de bol, elle est dans la Creuse, bah pas grave la Creuse, c’est couvert par La Montagne, je leur fais suivre. Un nouveau blog a aussi été repéré ainsi. Un tweet clash politique, le premier, a carrément fini en débat IRL.
Bonne surprise, un follower nous a aussi suggéré une idée de sujet :

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L’info a été retransmise et le gentil twittos remercié bien sûr :-)

On peut aussi s’en servir comme d’un fil de breaking news, sans renvoi vers le site, en attendant l’article. Très pratique en reportage : “L’Allemand André Greipel, du team Columbia, vainqueur du Paris-Gien-Bourges.” Je songe à faire passer mon forfait Iphone en note de frais…
C’est également un support supplémentaire pour les appels à témoin.
Dans les projets à réaliser, il y a le live-blogging d’un conseil municipal, là je me suis fait griller par La Nouvelle République, qui s’est livrée vendredi à l’exercice dans un ultime baroud d’honneur numérique.

J’attends aussi avec impatience notre affaire Courjault berrichonne… Chanceuse Chantal de La Nounou ;-)
Il m’a semblé utile aussi de signaler les nouveautés dans la twittosphere berrichonne

: l’arrivée d’un politique local connu, un tweet-clash justement, l’initiative de deux conseillers municipaux de Bourges qui ont twitté le CM. Pour l’anecdote, ça n’a pas duré longtemps, l’opposition a quitté la salle au bout de cinq minutes, une sortie retranscrite en direct évidemment.
Je m’attache aussi à essayer de créer un petit dialogue avec nos followers : remercier les nouveaux followers, ceux qui RT nos articles, ou nous incluent dans leur #FF,  souhaiter un bon week-end au passage…

Bien sûr, une des plus grands plaisirs, c’est de voir un article retweeté. Le premier RT m’a mis la larme à l’oeil. Il venait de @maopapa, aka Yves Loiseau dans la vraie vie son nom doit dire quelque chose à certains… Ancien journaliste, utilisateur régulier de Twitter, il possède une résidence secondaire près de Sancerre. De son jardin, entre deux tweets sur l’Afrique ou l’écologie, il lui arrive de faire circuler une de nos infos. Mais ils sont encore rares dans ce cas-là ;-(
Les fausses joies, évidemment, c’est quand je compte un follower de plus, qui se revèle être Jessica2289, if you want to see sexy photos…

Tout ça bien sûr, c’est très empirique, comme Facebook, j’apprends sur le tas à en faire un usage professionnel. Durant ma formation à l’IPJ, en 2005-2007, le programme ne comprenait pas de cours sur les réseaux sociaux. A cette époque déjà lointaine en terme de journalisme web, la fonction de community manager n’émergeait pas encore. Depuis, les choses ont évolué, je referais bien un tour sur les bancs…

J’attends avec impatience l’arrivée de la traduction française de Twitter, espérant un boom du nombre d’utilisateurs, comme sur Facebook lorsque l’opération similaire a été effectuée.

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