C’était la suite logique : après avoir défriché la blogosphère locale, il était temps de l’associer au site du Berry.fr. J’ai proposé à huit auteurs de publier chez nous, une semaine chacun à tour de rôle. La règle du jeu : un billet au moins, sur le thème de leur choix du moment qu’il y a un ancrage local, liberté de ton aussi, dans le respect bien sûr des règles déontologiques. En échange, ils devaient juste relayer chez eux ce partenariat temporaire.
Bonne surprise déjà, ils ont tous accepté l’invitation, je n’ai pas eu à argumenter trois heures au téléphone ![]()
Tant mieux, tant cette union libre me semble avantageuse pour les deux parties.
Quoique d’aucuns pensent de la presse locale traditionnelle, s’y être associé représente une forme de reconnaissance de la qualité du blog qui fait plaisir à leur auteur. C’est aussi une exposition supplémentaire susceptible d’attirer de nouveaux visiteurs. Et pas forcément dans un rayon de 100 km…

De notre côté, nous serions bête de nous priver de la possibilité d’enrichir notre site de fort jolies choses, parfois impertinentes, qualité qui n’est pas celle que j’apprécie le moins. Parmi ces blogueurs, beaucoup font ce que nous ne pouvons faire : porter un regard singulier en microlocal, avec l’investissement désintéressée des amateurs. Jetez donc un coup d’oeil là ou bien encore ici.
Quand je dis “jolies”, c’est aussi au sens propre du terme. On trouve de beaux blogs de photographie ou à l’iconographie soignée.
Plus pragmatiquement, l’association contribue à faire connaître la marque “Leberry.fr”.
Surtout, je le vois comme un moyen de mettre une dose indirecte de pluralisme pour ne pas dire subjectivité dans notre traitement de l’information et d’apporter une solution bienvenue au reproche de ton neutre/lisse, policé/tiède… parfois entendu.
Sans la reléguer hypocritement dans une sous-rubrique invisible, comme un alibi : le dossier est placé en homepage et il a été relayé sur notre page fan Facebook et sur notre compte Twitter.
Trêve de bla-blah théorique, la preuve par l’exemple. Jean-Pierre Gilbert, auteur du Gilblog, à La Borne, irréductible petit village de potiers, a ouvert le bal. C’est un charmant monsieur, parisien retraité, qui me file régulièrement des nouvelles adresses de blogs/sites locaux. Bien entendu, j’avais dit tout le bien que je pensais de son blog, drôle, bien illustré, engagé tendance écolo, avec une petite dose d’insolence
Un peu timide, “vous me direz si ça vous convient…”, il m’a envoyé sa proposition de texte. Deux paragraphes plus loin, je trépignais de joie sur mon siège : et comment que ça me convient ! Intitulé “Identité nationale : et l’identité berrichonne”, il tournait en dérision le débat lancé par Eric Besson.
Déjà mis en valeur par ce dossier, il s’est retrouvé d’un coup de tweet magique sous les yeux de @sylvainlapoix, de Marianne2.fr, qui l’a repris sur le site. Beau coup de projecteur pour Gilblog !
Naturellement les élections locales sont des occasions idéales pour injecter de l’opinion. Mais cela suppose de disposer d’une blogosphère politique étoffée et constante. Dans le seul département du Cher, ça me semble un peu juste. Pour les régionales, pourquoi pas recruter plus large, à gratter d’ici janvier…
Et quand j’évoquais plus haut l’idée que de telles unions libres pouvaient contribuer à faire ressortir des blogs locaux en national, je pensais à ce type d’événement : les sites de presse locale traditionnelle doivent endosser ce rôle de mise en valeur des analyses (im)pertinentes.
Quoi qu’il en soit, dans la catégorie “journalistes non-professionnels”, on était habitué à bosser avec les correspondants locaux, il faudra rajouter les blogueurs. Moi ça me réjouit plutôt
Prochain projet, des vidéos de cuisine pour Noël, avec Mamina, une blogueuse culinaire berruyère aux stats aussi affriolantes que les recettes. Et oui, le bénéfice en terme de trafic n’est pas forcément toujours dans le même sens…
3 Responses to “Presse locale et blogueurs : vive l’union libre !”