“L’édition du Cher de La Nouvelle République ne paraîtra que sur le web…” La phrase de ma consoeur avait bien commencé. L’expérience était intéressante, inédite dans notre région (peut-être même en France ?) La fin a jeté un froid : “… c’est pour ne pas payer les journalistes à rien faire, le temps qu’ils soient licenciés ou mutés, ils feront des sujets à leur initiative.”
Conformément à ce qui avait été annoncé cet été, l’édition du Cher de La NR va fermer à la fin du mois. Cette décision entre dans le cadre d’un plan social prévoyant 181 licenciements dans le groupe pour raisons financières.
L’édition était déficitaire depuis longtemps. L’option du pure player partiel n’est pas absurde, elle aurait pu être tentée avant. Histoire de s’aventurer sur des terres nouvelles en terme de business model sans risquer gros. Qui sait, elle aurait pu conduire à une solution mixte : web au quotidien, deux ou trois sorties papiers en semaine. Certains journaux aux Etats-Unis l’ont déjà fait, le modèle semble pertinent.
Pour peu que l’on ait lu un journal de PQR en août, en novembre, en décembre, en janvier, bref un bon tiers de l’année, la quantité d’information chaude n’est pas telle que cela justifie de sortir tous les jours.
La micro-locale trouvera aussi refuge avec avantage sur Internet. Tout en satisfaisant la demande, elle cessera d’embouser le print de ces enfilades de pages hyper-ciblées. C’est dit sans mépris - je me méfie depuis un RT sans appel de mon précédent billet sur la CFA2
-, c’est le coeur de la presse locale que de jouer au maximum la carte de la proximité.
Au web l’actu chaude en temps réel et la micro-locale, au journal hebdomadaire la synthèse, en utilisant si possible l’apport des internautes, et les sujets plus froids, dans une mise en page soignée. Et au final un contenu nettement moins tiède qui convaincra peut-être les gens de sortir plus le porte-monnaie. Et un porte-monnaie des groupes qui ne s’en portera que mieux grâce à une optimisation des frais d’impression et de distribution.

10 Responses to “Nouvelle République : un mois de pure player et puis s’en va”
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