Monthly Archive for septembre, 2009

Nouvelle République : un mois de pure player et puis s’en va

“L’édition du Cher de La Nouvelle République ne paraîtra que sur le web…” La phrase de ma consoeur avait bien commencé. L’expérience était intéressante, inédite dans notre région (peut-être même en France ?) La fin a jeté un froid : “… c’est pour ne pas payer les journalistes à rien faire, le temps qu’ils soient licenciés ou mutés, ils feront des sujets à leur initiative.”

Conformément à ce qui avait été annoncé cet été, l’édition du Cher de La NR va fermer à la fin du mois. Cette décision entre dans le cadre d’un plan social prévoyant 181 licenciements dans le groupe pour raisons financières.

L’édition était déficitaire depuis longtemps. L’option du pure player partiel n’est pas absurde, elle aurait pu être tentée avant. Histoire de s’aventurer sur des terres nouvelles en terme de business model sans risquer gros. Qui sait, elle aurait pu conduire à une solution mixte : web au quotidien, deux ou trois sorties papiers en semaine. Certains journaux aux Etats-Unis l’ont déjà fait,  le modèle semble pertinent.

Pour peu que l’on ait lu un journal de PQR en août, en novembre, en décembre, en janvier, bref un bon tiers de l’année, la quantité d’information chaude n’est pas telle que cela justifie de sortir tous les jours.
La micro-locale trouvera aussi refuge avec avantage sur Internet. Tout en satisfaisant la demande, elle cessera d’embouser le print de ces enfilades de pages hyper-ciblées. C’est dit sans mépris - je me méfie depuis un RT sans appel de mon précédent billet sur la CFA2 ;-) -,  c’est le coeur de la presse locale que de jouer au maximum la carte de la proximité.
Au web l’actu chaude en temps réel et la micro-locale, au journal hebdomadaire la synthèse, en utilisant si possible l’apport des internautes, et les sujets plus froids, dans une mise en page soignée. Et au final un contenu nettement moins tiède qui convaincra peut-être les gens de sortir plus le porte-monnaie. Et un porte-monnaie des groupes qui ne s’en portera que mieux grâce à une optimisation des frais d’impression et de distribution.

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La CFA2 est l’avenir du web local

Qu’une radio de service public ouvre son journal par la victoire, non, la défaite, c’est plus crédible comme exemple, de l’équipe de France de football me choque toujours en tant qu’être humain, moins en tant que professionnelle formatée en partie à la loi de l’audimat.
Si l’être humain se tient un peu au courant du sujet, c’est pour en discuter avec ses jeunes collègues mâles qui le suivent avec assiduité. Il lui arrive même parfois de pousser le vice jusqu’à leur piquer So foot.
Le problème, c’est que la professionnelle doit s’intéresser au football dans des sphères moins glorieuses que la L1 ou la coupe du monde, fusse sa phase qualificative, et d’assez près pour en parler en relative connaissance de cause.

Dans le Berry, où je bosse, l’équipe-phrare, c’est la Berrichonne de Châteauroux, en L2 (”La Berri, c’est ma chérie !”). Mais je ne peux pas filmer les matchs pour des questions de droits, ils ont lieu le vendredi soir, souvent en mon absence donc, et surtout Châteauroux, c’est dans l’Indre (Berry = Cher +Indre pour les nuls en géographie), un département dont Le Berry républicain s’est quasiment retiré : l’édition départementale de La Nouvelle République truste les ventes. Bref, ce serait peu rentable d’y aller pour faire des interviews.

Reste le Bourges 18, qui vient d’accéder à la CFA2, le premier échelon national. Le club affiche des ambitions. Il a évolué naguère en L2 et il serait logique qu’une ville de cette taille possède un club à ce niveau. En termes médiatiques, mieux vaut avoir une équipe de football masculin en L2 qu’une équipe de basket féminin plusieurs fois championne de France et d’Europe, en l’occurence le Bourges Basket.
Ma conscience professionnelle m’enjoint donc de mettre le nez dans le ballon hyperlocal. Un forum de discussion est créé, ça, ça fait partie des aspects douloureux du métier…

Et puis il me faut bien quitter le desk pour fouler le terrain au sens propre du terme, le stade Jacques-Rimbault. Petite caméra au poing, j’assiste à une rencontre amicale de préparation, devant un public aussi clairsemé qu’une pelouse un été de canicule. Franchement, PQR mon amour, là c’est pas crédible, je baille si fort que ma glotte est visible à l’autre bout du terrain, j’ai trouvé le moyen de louper un des deux buts, marqué pendant que je courais de la tribune de presse au terrain, c’est filmé avec les pieds, manque de bol, une caméra n’est pas un ballon et de toute façon, je ne suis pas Gourcuff (à voir ici pour les curieux/courageux/masochistes).

Peu importe, ça marche, en termes statistiques. De même les directs réalisés par mon alter ego du jdc.fr avec CovertiLive, un outil gratuit.  Et pour cause : nous n’avons pas de concurrence. Le sport de petit niveau constitue une manne d’internautes captifs car l’offre est inférieure à la demande. Personne, hormis les médias locaux, n’a intérêt à les couvrir.

Sur la Ligue 1 et 2, la PQR a en face Canal +, Orange, Numéricable, une tripotée de radio et de sites nationaux. En revanche, boulevard royal sur toute la saison de CFA2, et aussi la CFA, la DH, la PH… Motivant pour aller au stade, ou plutôt pour convaincre qui de droit de faire appel à  des journalistes sportifs dédiés web le week-end. La polyvalence a des limites, le direct de CFA2, ça va pas être possible pour moi.  ;-)

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PQR, mon amour…

En clin d’oeil à #PQRmonAmour, hashtag un tantinet ironique qui accompagne des liens vers des articles jugés d’un intérêt douteux. Depuis mes débuts en PQR, j’ai traité plein de sujets que j’aurais classés dans cette catégorie, s’il n’y avait la  rencontre avec les humains qui les ont ont suscités. La PQR est une formidable école d’ouverture. Et le web lui permet d’être plus pertinente que jamais.
Bien sûr, tous les billets ne verseront pas dans l’angélisme unilatéral. Comme dans la chanson, “il n’y a pas d’amour heureux”, on rencontre aussi des tas de c…, Adobe premier element plante régulièrement, de préférence dix secondes avant l’enregistrement automatique sur les coups de 21 heures, faire une vidéo par -5 degrés est un calvaire dont la pensée me crispe les entrailles dès l’apparition des premiers frimas automnaux. Et pour rester dans le climat, celui de la PQR est plutôt maussade en ce moment. Quant au web, c’est le sujet idéal pour se fâcher à la machine à café. “Internet, j’en ai rien à branler”, sic un collègue…

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