Une charte des réseaux sociaux ? Puisque vous insistez…

Avant de commencer ce nouveau post, je précise juste que j’ai démissionné du Berry.fr pour rejoindre Owni.fr, mais que ce blog se poursuit, pour des raisons détaillées dans l’about.

Peu avant mon départ, une journaliste de la PQR m’a appelée pour avoir des conseils en vue de la rédaction de leur charte des réseaux sociaux.
L’idée d’un tel texte me semble un tantinet bizarre : je serais tentée de renvoyer à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui pose la liberté d’opinion et d’expression comme un droit fondamental.
Mais c’est un peu court pour faire un billet et mon interlocutrice n’aurait pas été bien avancée.

Photo Flickr Bearman2007

Il est aussi hypocrite qu’ennuyeux de verser dans une pseudo-neutralité, comme le Washington Post a voulu faire, pour en venir directement au point sensible qui fait flipper dans les hauteurs des pyramides hiérarchiques, que tant d’horizontalité déconcerte : le journaliste est un homme comme les autres, qui a des positions et des émotions. Et bien qu’il les exprime sur les réseaux sociaux ! La PQR est dans l’ensemble assez tiède pour qu’elle déconseille en plus à ses journalistes d’injecter du subjectif sur leurs comptes Facebook et Twitter. Tant qu’ils respectent la loi et évitent les excès du type dézinguage systématique. À chacun de peser ce qu’il dit, et de choisir qui il followe ou demande en ami pour entretenir son réseau, il n’y a pas grande différence avec les conversations que l’on peut avoir IRL et la mise à jour de son bon vieux carnet d’adresses.
Il y a une attente du lecteur dans ce sens amha : de l’éditorial, pour faire un parallèle avec la presse traditionnelle.
Il me semble aussi intéressant de raconter “la fabrique de l’information”, y compris dans le sens d’un processus émotionnel : il y a des reportages qui vous remuent, en bien, en mal, vous réjouissent, vous font rire, bref vous font penser que vous exercez le plus beau métier du monde. Pas le compte-rendu de la galette des rois du club de tricot, bien sûr…

Twittez en reportage !

Photo Flickr lazysupper

Sur Facebook, je m’étais créé un compte “pro” : je n’avais pas trop envie d’avoir certains hommes politiques du coin dans mes “amis”, même si ce mot n’a ici pas son sens originel fort.

Je dois juste avouer avoir bloqué un utilisateur, et pas n’importe lequel : l’adjoint aux NTIC de Bourges. Lisez les échanges suivants et vous comprendrez… Je ne suis pas sûre qu’il s’en soit rendu compte ;-)

@sabineblanc Est-ce normal, vous n’êtes plus dans mes followers ? une façon de ne vous intéresser qu’aux réponses à vos messages ?

@pbensac que me vaut tant d’agressivité :) je followe les gens que j’estime en valoir la peine, nous sommes dans une république démocratique

@sabineblanc soit, militante “agitateur” plutôt que journaliste. Je respecte donc votre choix démocratique, étant moi-même un démocrate Rép

lol @pbensac adj. aux NTIC à #Bourges me juge “militante “agitateur” plutôt que journaliste” car je ne suis pas son étique Twitter

@sabineblanc je note l’évolution du style et le rapprochement tactique entre l’édition internet du Berry et la meute “agitée” ou “pendue”.

(“agitateur” en référence à L’Agitateur de Bourges, webzine bensacophobe et “pendue” au Berry ripoublicain/Le Berry des pendus, nouveau site d’information “alternatif” qui pour le coup me laisse très dubitative, par la virulence gratuite de ses attaques et ses postures anti-bourgeoisie d’adolescent sadien attardé, NdPQR, mon amour)

Il serait dommage de conclure sur cette attitude atterrante, voici donc, à titre d’exemple, les comptes de trois journalistes en locale qui mêlent avec bonheur veille, promo de leur titre et tweets plus personnels :
-@clarkent2007, qui travaille pour Dixhuitinfo.com, pure player couvrant le 18ème arrondissement de Paris.
-@Julien_Beneteau, exerçant ses talents polyvalents au Républicain lorrain et également blogueur.
-@la_nr_chantal, au web de La Nouvelle République

Un choix très… subjectif bien entendu. Si vous avez d’autres noms à suggérer, faites vous plaisir ;-)

Et à l’attention des lecteurs pour lesquels ce distinguo entre compte personnel et compte “officiel” ne serait pas évidente, la seule chose finalement que la charte serait en droit de demander, c’est la mention : “Les opinions exprimées ici n’engagent que moi et pas mon titre.”

Première Berry Twitter party : pédagogie au pub

Avoir un compte Twitter @leberry_fr, c’est bien. Réunir nos followers, leur apprendre à mieux utiliser le service et surtout en initier de nouveau, c’est encore mieux. Pour aussi connu que soit Twitter, il n’en reste en effet pas moins un réseau confidentiel et difficile à appréhender, contrairement aux très mainstreams Facebook et Copains d’avant. Actuellement, le site plafonne à 130 followers environ, dont une partie de veilleurs en tous genres qui n’ont strictement rien à voir avec le Berry, bref ne font pas partie de la communauté naissante du journal. Sans compter une proportion de comptes morts-nés ou étiques. Les vrais utilisateurs, qui maîtrisent vraiment l’outil, ben y en a pas beaucoup : ( Il suffit de voir les rares replies et RT pour me le rappeler cruellement.
Avec trois amis berruyers Twitter-addict, j’ai donc organisé la première Berry Twitter party samedi dernier, “en partenariat avec Leberry.fr”, dans un des rares bars de Bourges équipé du WiFi gratuit , le Murrayfield. Lors de la phase de promotion, nous avons bien martelé : “utilisateurs habitués ou néophytes curieux, vous êtes tous bienvenus : des ateliers d’initiation sont prévus.”

Une belle brochette de politiques

Twitter a réuni, de gauche à droite, le PS (Yann Galut, vice-président du consiel général du Cher), Yannick Bedin, conseiller municipal PC à Bourges, Hassen Chebili, même titre mais étiquette Nouveau Centre et, hors cadre, Philippe Bensac, UMP, adjoint aux NTIC à Bourges. Au premier plan, de dos, Johan Guillermin, muté à Tours après la fermeture de l'édition du Cher de La Nouvelle République. Il a réactivé pour l'occasion le compte de La NR. ET la berrytp l'a convaincu de faire son compte perso : @jguillermin

Car c’est un des rôles des journalistes web de faire de la pédagogie. Tout le monde connait Internet, en revanche, il n’y a pas tant de monde que cela qui sache maîtriser ses outils. Opinion confirmée par André Gentit, animateur mobile multimédia au conseil général du Cher, qui  m’a aidé à faire cette Berrytp : rss, hashtag, agrégateur… du français courant pour un “geek”, du chinois pour la plupart des gens ! Il m’est déjà arrivé d’apprendre à un élu de Bourges, comment insérer une photo dans un tweet avec son Iphone. Il était sur un marché lors de la votation sur la privatisation de La Poste, il faisait un peu pitié avec son bel appareil sous-exploité ;-)
Mais revenons à notre Berry Twitter party (#berrytp). Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, j’ai fait le reportage vidéo pour le site, un papier pour le print, sans oublier quelques tweets en direct, pro et perso. Shiva dans toute sa splendeur, et heureuse de l’être  :)

Voici ce que la réunion a donné :

Bon évidemment, on ne va pas se leurrer : le nombre de followers de @leberry_fr ne va pas exploser en deux coups de cueillère à pot (au pub). C’est par des rendez-vous réguliers que le nombre d’oiseaux grossira petit à petit. Mon remplaçant sera briefé sur le sujet ;-)

Et une journaliste web et @dodovanille, une blogueuse berrichonne

@dodovanille, blogueuse berrichonne, venue malgré la neige #gentillesse

Photo : Igor Maynaud, webmaster du site du conseil général du Cher et organisateur.

Presse locale et blogueurs : vive l’union libre !

C’était la suite logique : après avoir défriché la blogosphère locale, il était temps de l’associer au site du Berry.fr. J’ai proposé à huit auteurs de publier chez nous, une semaine chacun à tour de rôle. La règle du jeu : un billet au moins, sur le thème de leur choix du moment qu’il y a un ancrage local, liberté de ton aussi, dans le respect bien sûr des règles déontologiques. En échange, ils devaient juste relayer chez eux ce partenariat temporaire.
Bonne surprise déjà, ils ont tous accepté l’invitation, je n’ai pas eu à argumenter trois heures au téléphone ;-)
Tant mieux, tant cette union libre me semble avantageuse pour les deux parties.

Quoique d’aucuns pensent de la presse locale traditionnelle, s’y être associé représente une forme de reconnaissance de la qualité du blog qui fait plaisir à leur auteur. C’est aussi une exposition supplémentaire susceptible d’attirer de nouveaux visiteurs. Et pas forcément dans un rayon de 100 km…

Libr'Herry, le joli blog d'Herry, à juste titre

De notre côté, nous serions bête de nous priver de la possibilité d’enrichir notre site de fort jolies choses, parfois impertinentes, qualité qui n’est pas celle que j’apprécie le moins. Parmi ces blogueurs, beaucoup font ce que nous ne pouvons faire : porter un regard singulier en microlocal, avec l’investissement désintéressée des amateurs. Jetez donc un coup d’oeil ou bien encore ici.
Quand je dis “jolies”, c’est aussi au sens propre du terme. On trouve de beaux blogs de photographie ou à l’iconographie soignée.
Plus pragmatiquement, l’association contribue à faire connaître la marque “Leberry.fr”.
Surtout, je le vois comme un moyen de mettre une dose indirecte de pluralisme pour ne pas dire subjectivité dans notre traitement de l’information et d’apporter une solution bienvenue au reproche de ton neutre/lisse, policé/tiède… parfois entendu.
Sans la reléguer hypocritement dans une sous-rubrique invisible, comme un alibi : le dossier est placé en homepage et il a été relayé sur notre page fan Facebook et sur notre compte Twitter.

Trêve de bla-blah théorique, la preuve par l’exemple. Jean-Pierre Gilbert, auteur du Gilblog, à La Borne, irréductible petit village de potiers, a ouvert le bal. C’est un charmant monsieur, parisien retraité, qui me file régulièrement des nouvelles adresses de blogs/sites locaux. Bien entendu, j’avais dit tout le bien que je pensais de son blog, drôle, bien illustré, engagé tendance écolo, avec une petite dose d’insolence

Un peu timide, “vous me direz si ça vous convient…”, il m’a envoyé sa proposition de texte. Deux paragraphes plus loin, je trépignais de joie sur mon siège : et comment que ça me convient ! Intitulé “Identité nationale : et l’identité berrichonne”, il tournait en dérision le débat lancé par Eric Besson.

Déjà mis en valeur par ce dossier, il s’est retrouvé d’un coup de tweet magique sous les yeux de @sylvainlapoix, de Marianne2.fr, qui l’a repris sur le site. Beau coup de projecteur pour Gilblog !

Naturellement les élections locales sont des occasions idéales pour injecter de l’opinion. Mais cela suppose de disposer d’une blogosphère politique étoffée et constante. Dans le seul département du Cher, ça me semble un peu juste. Pour les régionales, pourquoi pas recruter plus large, à gratter d’ici janvier…
Et quand j’évoquais plus haut l’idée que de telles unions libres pouvaient contribuer à faire ressortir des blogs locaux en national, je pensais à ce type d’événement : les sites de presse locale traditionnelle doivent endosser ce rôle de mise en valeur des analyses (im)pertinentes.

Quoi qu’il en soit, dans la catégorie “journalistes non-professionnels”, on était habitué à bosser avec les correspondants locaux, il faudra rajouter les blogueurs. Moi ça me réjouit plutôt ;-) Prochain projet, des vidéos de cuisine pour Noël, avec Mamina, une blogueuse culinaire berruyère aux stats aussi affriolantes que les recettes. Et oui, le bénéfice en terme de trafic n’est pas forcément toujours dans le même sens…

Un joyeux baroud d’honneur numérique

Ils avaient le choix entre rester chez eux ou faire du pure player, le temps de connaître leur sort. Pour la plupart, les reporters de l’édition du Cher de La Nouvelle République ont opté pour la seconde solution, un départ la tête haute avant la fermeture définitive de leur édition fin octobre, trois semaines après l’arrêt de la version papier.
A la fin, quelques-uns ont bien voulu dresser le bilan avec moi : Johan Guillermin, Agnès Aurousseau, deux localiers de Bourges, et deux “sportifs”, Jean-Marc Duret et Annaïck Mainguy. Des journalistes qui n’avaient travaillé jusqu’à présent que sur  le print, tout ayant été fait pour qu’ils ne mettent pas le nez dans le web : leurs papiers étaient mis automatiquement en ligne dans la nuit, sans mise à jour possible dans la journée et ils ne produisaient pas de contenus multimédias. Ils avaient déjà touché un peu à Internet, grâce à une DIF sur l’écriture web, et ils avaient goûté épisodiquement aux joies de la réactivité lors des deux éditions précédentes du Printemps de Bourges.

“Nous l’avons pris comme un défi, nous voulions montrer à la direction qu’on était capable de le faire”, m’ont-ils expliqué. Défi relevé, avec un enthousiasme qui contraste avec la pauvreté des moyens.
Leur “formation” a duré quelques heures,  une personne venue de Tours leur a  montré les secrets du CMS, comment faire un diaporama, une vidéo… Pas de caméra, ils ont utilisé… leur appareil photo, du bricolage”, s’amuse Johan.

“On s’est pris au jeu”, “c’était très sympa, même si on avait peu de moyens”, “nous étions dans l’état d’esprit de pionniers”…, c’est pas moi qui le dit, c’est eux… Cette expérience leur a aussi permis d’oublier un temps les soucis liés à l’incertitude sur leur avenir.
Pour être honnête, l’équipe se sentait également “en récréation”, choisissant les sujets qui se prêtaient au multimédia (pas d’institutionnel, ce qui n’est pas un mal…), sans pression. Une tout autre ambiance que le Printemps de Bourges où il leur fallait rédiger leur compte-rendu dans la foulée. Pour qui n’a pas vécu professionnellement le festival, entre alcool fête et travail, cela peut paraître étrange de trouver l’exercice ardu…

Ils ont aussi créé un compte Twitter. En plus de s’en servir comme teaser et fil RSS, l’outil a été utilisé pour live-blogguer le conseil municipal du vendredi 23 octobre, leur chant du cygne, cygne qui a chanté un scoop en direct, des découvertes archéologiques sur le chantier d’Avaricum…

image-2

Pragmatique -et elle a bien raison en ces temps de disette-, Annaïck y a vu aussi une “aubaine, un plus sur le CV”. Pan dans le bec de ceux qui s’accrochent à l’âge d’or des CDI sur un plateau.

Un entrain général dont feraient bien de s’inspirer ceux qui se drapent dans leurs oripeaux de journaliste de presse écrite et ressortent l’antienne du “je ne suis pas un informaticien, la technique c’est pas mon truc, je ne suis pas formé pour ça”. Ils font preuve autant d’orgueil -sauf à posséder une plume vraiment exceptionnelle- que de méconnaissance sur le sujet. Aujourd’hui, les outils sont faciles à utiliser. Surtout, la technique est une chance pour offrir un traitement de l’information locale plus pertinent. Ben oui, un comice agricole, avec une vidéo et un diaporama sonore comportant des photos ad libidum, rend infiniment mieux compte de l’événement qu’une page photos, toute quadri soit-elle. [1] Et tout cela est, d’un point de vue professionnel, terriblement excitant.

Conclusion logique de Johan : “J’aurais bien poursuivi”. Mais la parenthèse numérique est finie, c’est le retour “à une réalité plus cruelle”, pour reprendre les termes de Jean-Marc. La réalité d’un groupe qui a certes décidé de booster le multimédia l’année prochaine, avec une évolution du site prévue et des troupes formées au multimédia mais pour une pratique dans quelles conditions ? “Cela va se faire en low cost”, prédit Johan. “Nous avons expérimenté dans des conditions idéales, est-ce qu’on sera capable de tout bien faire en conditions réelles ?, s’inquiète Agnès. Sur certains points, je suis limitée.”

Le low cost n’est certainement pas la meilleure solution pour proposer une réelle plus-value qui permettrait d’envisager une monétisation sous la forme premium/freemium, appli Iphone… En revanche, c’est un sûr moyen de ne pas donner le goût du web aux rédactions.

Quoi qu’il en soit, ces journalistes ont montré qu’ils avaient envie de muter et qu’ils en étaient capables. Ou plutôt qu’ils en étaient capables parce qu’ils en avaient envie. Toute cette histoire d’évolution relève pour moi surtout d’une question d’envie, qui naît d’une bonne compréhension du sens de l’histoire des médias d’information.

La balle est donc maintenant dans le camp de la direction… Et si elle ne l’attrape pas, sont-ils tentés par l’aventure du pure player ? “Le marché n’est pas encore assez mûr, estime Johan, web et papier sont encore complémentaires.” Si les chiffres semblent plutôt lui donner raison pour l’heure, la situation pourrait évoluer dans un futur proche.

[1] L’exemple du comice agricole pourra sembler étonnant mais dans nos régions, ce sont des fêtes très populaires, qui font la une du journal.

Quatre mutants contents : Jean-Marc Duret, Johan Guillermin, Agnès Aurousseau et Annaïck Mainguy

Quatre mutants contents : Jean-Marc Duret, Johan Guillermin, Agnès Aurousseau et Annaïck Mainguy

Les cousins de province twittent aussi

Non, Twitter n’est pas réservé à un petit cercle journalistique parisiano-parisien. Et il n’est pas nécessaire d’avoir un gros potentiel d’audience pour tirer partie d’un compte pro. Les “bouseux” de la presse locale s’y sont aussi mis, et c’est tant mieux. En juin, on nous a créé des comptes pour les quatre titres du groupe Centrefrance. Aux journalistes responsables du web de gérer comme ils l’entendent.

Honnêtement, dans un premier temps, j’ai considéré la nouveauté d’un oeil circonspect. Dans le Berry, les twitteurs se comptaient alors sur les doigts de la main d’un menuisier en fin de carrière, à quoi bon ? En même temps, c’était là, autant y jeter un coup d’oeil. Quelques mois après, je suis revenue sur cet a priori.
Avant de l’investir vraiment, j’ai d’abord passé un p’tit coup de fil au marketing pour qu’ils habillent la page aux couleurs du groupe. Ils ont aussi la bonne idée de faire un lien en homepage du site, comme pour notre page fan Facebook. Soit dit en passant, j’ai vu des tweets passer lorsque Le Monde a fait la même chose, quelques semaines après nous…

image-13

Être présent sur ce réseau, c’est déjà bon pour l’image : nous utilisons les nouveaux canaux de diffusion. Mais en soi, brancher les tuyaux n’apporte pas de plus-value par rapport à un simple fil RSS.
Pour avoir la possibilité de rendre plus vivant l’outil, il faut déjà remplir la cage aux oiseaux, à notre modeste échelle berrichonne. Certains internautes viennent d’eux-mêmes, d’autres sont attrapés d’un coup de filet magique appelé “follow”. Neuf fois sur dix, le following devient follower. Il y a aussi la classique tactique qui consiste à voir ceux qui suivent les followers de @leberry_fr, ce sont des clients potentiels.
Autre stratégie, la fonction “nearby” sur l’Iphone, qui fonctionne par géolocalisation. Il faut juste éliminer les Allemands et les Hollandais de passage à Bourges et qui ont tweeté sur les charmes de la cathédrale. Ils se repèrent à leur langue étrange.
A l’heure actuelle, une cinquantaine de personnes nous suivent, des particuliers, des entreprises. Soit dit en passant, la génération Y est quasiment absente, rien d’étonnant.
L’avantage d’en avoir peu, c’est que je les connais comme si je les avais pondus ces petits oiseaux. Chaque profil est examiné avec soin. Je les suis, pour la plupart. Au début, je me suis demandée s’il fallait le faire. Certains journaux le font, d’autres oui. Personnellement, ça me semble un retour au vieux fonctionnement cloisonné : d’un côté le lecteur, de l’autre le journal. C’est aussi se priver de sujets potentiels. J’ai ainsi dégoté un expatrié québécois qui fera les délices de ma rubrique “Expatriés berrichons”. Une dénommée Anne-Blanche fait des râteaux… bio. Manque de bol, elle est dans la Creuse, bah pas grave la Creuse, c’est couvert par La Montagne, je leur fais suivre. Un nouveau blog a aussi été repéré ainsi. Un tweet clash politique, le premier, a carrément fini en débat IRL.
Bonne surprise, un follower nous a aussi suggéré une idée de sujet :

image-3
L’info a été retransmise et le gentil twittos remercié bien sûr :-)

On peut aussi s’en servir comme d’un fil de breaking news, sans renvoi vers le site, en attendant l’article. Très pratique en reportage : “L’Allemand André Greipel, du team Columbia, vainqueur du Paris-Gien-Bourges.” Je songe à faire passer mon forfait Iphone en note de frais…
C’est également un support supplémentaire pour les appels à témoin.
Dans les projets à réaliser, il y a le live-blogging d’un conseil municipal, là je me suis fait griller par La Nouvelle République, qui s’est livrée vendredi à l’exercice dans un ultime baroud d’honneur numérique.

J’attends aussi avec impatience notre affaire Courjault berrichonne… Chanceuse Chantal de La Nounou ;-)
Il m’a semblé utile aussi de signaler les nouveautés dans la twittosphere berrichonne

: l’arrivée d’un politique local connu, un tweet-clash justement, l’initiative de deux conseillers municipaux de Bourges qui ont twitté le CM. Pour l’anecdote, ça n’a pas duré longtemps, l’opposition a quitté la salle au bout de cinq minutes, une sortie retranscrite en direct évidemment.
Je m’attache aussi à essayer de créer un petit dialogue avec nos followers : remercier les nouveaux followers, ceux qui RT nos articles, ou nous incluent dans leur #FF,  souhaiter un bon week-end au passage…

Bien sûr, une des plus grands plaisirs, c’est de voir un article retweeté. Le premier RT m’a mis la larme à l’oeil. Il venait de @maopapa, aka Yves Loiseau dans la vraie vie son nom doit dire quelque chose à certains… Ancien journaliste, utilisateur régulier de Twitter, il possède une résidence secondaire près de Sancerre. De son jardin, entre deux tweets sur l’Afrique ou l’écologie, il lui arrive de faire circuler une de nos infos. Mais ils sont encore rares dans ce cas-là ;-(
Les fausses joies, évidemment, c’est quand je compte un follower de plus, qui se revèle être Jessica2289, if you want to see sexy photos…

Tout ça bien sûr, c’est très empirique, comme Facebook, j’apprends sur le tas à en faire un usage professionnel. Durant ma formation à l’IPJ, en 2005-2007, le programme ne comprenait pas de cours sur les réseaux sociaux. A cette époque déjà lointaine en terme de journalisme web, la fonction de community manager n’émergeait pas encore. Depuis, les choses ont évolué, je referais bien un tour sur les bancs…

J’attends avec impatience l’arrivée de la traduction française de Twitter, espérant un boom du nombre d’utilisateurs, comme sur Facebook lorsque l’opération similaire a été effectuée.

La NR est par terre, c’est la faute à…

Internet bien sûr. Mais avant de causer frilosité numérique, la moindre des choses, c’est de saluer une rédaction présente dans le département depuis plus de soixante ans. Désormais, la presse “historique” se réduit dans le Cher à un seul journal, Le Berry républicain et son site Internet. Hier, l’édition du Cher de La Nouvelle République a fermé (elle connaît un “sursis” d’un mois sur le Net, j’en avais parlé dans un précédent billet). Cette décision entre dans le cadre d’un plan social prévoyant 181 licenciements pour raisons financière, annoncé cet été.

Dans le contexte actuel de la PQR, travailler avec des “rivaux” est devenu un luxe rare, réservé à 21 départements. Oui, un luxe. Car s’il est certains secteurs de l’économie où l’on peut se réjouir de voir disparaître un concurrent, dans le cas de la presse, c’est aussi bon signe qu’une tache brune sur un poumon de fumeur. Un journal n’est pas un pot de yaourt. Dans ce métier, la concurrence est saine, source d’émulation. “Mettre un râteau à La NR“, c’était bien démarrer sa journée. S’en prendre un, une incitation à se bouger les fesses pour faire oublier le ratage.
Sur le web, fini les embargo à respecter pour les faits divers. Car nos collègues de La Nounou étaient de nos internautes les plus fidèles, guettant l’info qu’ils n’auraient pas.

Mais revenons-en au sujet de ce billet, Internet comme bouc émissaire fort pratique, une fois de plus. Comme si la PQR, déjà, avait attendu de lancer ses sites pour entamer son lent déclin… Mais passons. Florilège.  “Tu vois, La NR a perdu 25.000 journaux depuis qu’ils ont mis tout leur journal en ligne.”"On se tire une balle dans le pied en mettant les articles en intégralité.” J’arrête-là, sinon c’est direct la plaquette de Temesta (pour calmer mes nerfs, s’entend ;-) )

Ben oui, et les vendeurs d’attelage ont aussi perdu plein de vente lorsque la voiture est arrivée, et leur sort n’est pas allée en s’arrangeant. Certaines personnes ont d’abord eu peur en voyant débarquer les autos sur leurs routes. Cette invention du diable faisait du bruit, puait et allait vite. Internet ne pue pas, sauf quand un insecte grille dans la tour, Internet ne fait pas de bruit, hormis le ronron du ventilateur, en revanche, Internet va vite. Rapidité de la circulation de l’information et surtout de la croissance du lectorat.

Que le business model de la PQR sur le web n’ait pas émergé est un fait. Ce n’est pas une raison pour ne pas investir dedans puisque, de fait, les lecteurs migrent dessus et avec eux la publicité. La génération Y, bien sûr. L’autre jour, des lycéens que j’interrogeais sur leur webzine m’ont dit, un peu gênés : “On ne lit pas votre journal. “Je m’en doutais… ;-) ”. Les jeunes s’informent oui, mais sur Internet. C’est à la PQR d’aller les chercher là où ils sont naturellement. Cela ne va pas non plus sans une réflexion de fond sur les contenus qu’on leur propose, comme le souligne ce mémoire en sciences de l’information et de la communication d’Aude Rouger, Les jeunes et la (non-)lecture de la presse quotidienne régionale.

Quant à la génération X, elle s’est mise aussi à remuer la souris pour s’informer. Et même l’équation retraité = handicapé du mulot va devenir de plus en plus fausse dans la mesure où les cohortes de baby-boomers sur le départ ont utilisé Internet au boulot.
Ce constat d’un besoin de financement utile et nécessaire n’a rien de nouveau, une étude de 2006 menée par Précepta (groupe Xerfi) arrivait déjà à cette conclusion :

“La profession est en fait confrontée à trois grands défis d’avenir (…)

3-Se positionner sur les médias électroniques. Ce virage est vital : non seulement il convient d’accompagner les lecteurs sur les nouveaux supports d’information mais aussi de séduire la génération des “screenagers”, qui n’a manifestement pas d’affinités avec la presse papier. Plus encore, il s’agit de prendre des positions fortes sur un média, vers lequel les petites annonces – l’un des marchés-clés de la PQR-, et plus timidement la publicité commerciale, commencent à migrer. (…)

De plus, contrairement à l’imprimé, le besoin de renouvellement technique est aussi beaucoup plus fréquent. Un site se périme plus vite qu’une maquette papier : outils, pratiques, maquette… Pour revenir à La NR, l’erreur en l’occurrence a été de ne proposer qu’un copié-collé du print, sans le penser comme un média à part entière, et de ne pas le faire évoluer.

A fortiori maintenant, la PQR doit donc mettre non des billes, comme elle le fait, mais des calots, tant que les reins sont encore assez solides. Il faut courir deux lièvres à la fois, sans doute investir sans rentabilité immédiate dans un premier temps.

Cet engagement sur le Net implique d’adopter le cours rapide de son évolution. De rompre avec les habitudes de diesel ronronnant de la PQR.

Sinon, le danger (?, tant qu’y de l’info, y a d’la démocratie…) pourrait plutôt venir de pure players souples et réactifs, lancés, c’est une hypothèse, par des journalistes issus du print décidés à prendre leur sort en main.

Nouvelle République : un mois de pure player et puis s’en va

“L’édition du Cher de La Nouvelle République ne paraîtra que sur le web…” La phrase de ma consoeur avait bien commencé. L’expérience était intéressante, inédite dans notre région (peut-être même en France ?) La fin a jeté un froid : “… c’est pour ne pas payer les journalistes à rien faire, le temps qu’ils soient licenciés ou mutés, ils feront des sujets à leur initiative.”

Conformément à ce qui avait été annoncé cet été, l’édition du Cher de La NR va fermer à la fin du mois. Cette décision entre dans le cadre d’un plan social prévoyant 181 licenciements dans le groupe pour raisons financières.

L’édition était déficitaire depuis longtemps. L’option du pure player partiel n’est pas absurde, elle aurait pu être tentée avant. Histoire de s’aventurer sur des terres nouvelles en terme de business model sans risquer gros. Qui sait, elle aurait pu conduire à une solution mixte : web au quotidien, deux ou trois sorties papiers en semaine. Certains journaux aux Etats-Unis l’ont déjà fait,  le modèle semble pertinent.

Pour peu que l’on ait lu un journal de PQR en août, en novembre, en décembre, en janvier, bref un bon tiers de l’année, la quantité d’information chaude n’est pas telle que cela justifie de sortir tous les jours.
La micro-locale trouvera aussi refuge avec avantage sur Internet. Tout en satisfaisant la demande, elle cessera d’embouser le print de ces enfilades de pages hyper-ciblées. C’est dit sans mépris – je me méfie depuis un RT sans appel de mon précédent billet sur la CFA2 ;-) -,  c’est le coeur de la presse locale que de jouer au maximum la carte de la proximité.
Au web l’actu chaude en temps réel et la micro-locale, au journal hebdomadaire la synthèse, en utilisant si possible l’apport des internautes, et les sujets plus froids, dans une mise en page soignée. Et au final un contenu nettement moins tiède qui convaincra peut-être les gens de sortir plus le porte-monnaie. Et un porte-monnaie des groupes qui ne s’en portera que mieux grâce à une optimisation des frais d’impression et de distribution.

La CFA2 est l’avenir du web local

Qu’une radio de service public ouvre son journal par la victoire, non, la défaite, c’est plus crédible comme exemple, de l’équipe de France de football me choque toujours en tant qu’être humain, moins en tant que professionnelle formatée en partie à la loi de l’audimat.
Si l’être humain se tient un peu au courant du sujet, c’est pour en discuter avec ses jeunes collègues mâles qui le suivent avec assiduité. Il lui arrive même parfois de pousser le vice jusqu’à leur piquer So foot.
Le problème, c’est que la professionnelle doit s’intéresser au football dans des sphères moins glorieuses que la L1 ou la coupe du monde, fusse sa phase qualificative, et d’assez près pour en parler en relative connaissance de cause.

Dans le Berry, où je bosse, l’équipe-phrare, c’est la Berrichonne de Châteauroux, en L2 (“La Berri, c’est ma chérie !”). Mais je ne peux pas filmer les matchs pour des questions de droits, ils ont lieu le vendredi soir, souvent en mon absence donc, et surtout Châteauroux, c’est dans l’Indre (Berry = Cher +Indre pour les nuls en géographie), un département dont Le Berry républicain s’est quasiment retiré : l’édition départementale de La Nouvelle République truste les ventes. Bref, ce serait peu rentable d’y aller pour faire des interviews.

Reste le Bourges 18, qui vient d’accéder à la CFA2, le premier échelon national. Le club affiche des ambitions. Il a évolué naguère en L2 et il serait logique qu’une ville de cette taille possède un club à ce niveau. En termes médiatiques, mieux vaut avoir une équipe de football masculin en L2 qu’une équipe de basket féminin plusieurs fois championne de France et d’Europe, en l’occurence le Bourges Basket.
Ma conscience professionnelle m’enjoint donc de mettre le nez dans le ballon hyperlocal. Un forum de discussion est créé, ça, ça fait partie des aspects douloureux du métier…

Et puis il me faut bien quitter le desk pour fouler le terrain au sens propre du terme, le stade Jacques-Rimbault. Petite caméra au poing, j’assiste à une rencontre amicale de préparation, devant un public aussi clairsemé qu’une pelouse un été de canicule. Franchement, PQR mon amour, là c’est pas crédible, je baille si fort que ma glotte est visible à l’autre bout du terrain, j’ai trouvé le moyen de louper un des deux buts, marqué pendant que je courais de la tribune de presse au terrain, c’est filmé avec les pieds, manque de bol, une caméra n’est pas un ballon et de toute façon, je ne suis pas Gourcuff (à voir ici pour les curieux/courageux/masochistes).

Peu importe, ça marche, en termes statistiques. De même les directs réalisés par mon alter ego du jdc.fr avec CovertiLive, un outil gratuit.  Et pour cause : nous n’avons pas de concurrence. Le sport de petit niveau constitue une manne d’internautes captifs car l’offre est inférieure à la demande. Personne, hormis les médias locaux, n’a intérêt à les couvrir.

Sur la Ligue 1 et 2, la PQR a en face Canal +, Orange, Numéricable, une tripotée de radio et de sites nationaux. En revanche, boulevard royal sur toute la saison de CFA2, et aussi la CFA, la DH, la PH… Motivant pour aller au stade, ou plutôt pour convaincre qui de droit de faire appel à  des journalistes sportifs dédiés web le week-end. La polyvalence a des limites, le direct de CFA2, ça va pas être possible pour moi.  ;-)

PQR, mon amour…

En clin d’oeil à #PQRmonAmour, hashtag un tantinet ironique qui accompagne des liens vers des articles jugés d’un intérêt douteux. Depuis mes débuts en PQR, j’ai traité plein de sujets que j’aurais classés dans cette catégorie, s’il n’y avait la  rencontre avec les humains qui les ont ont suscités. La PQR est une formidable école d’ouverture. Et le web lui permet d’être plus pertinente que jamais.
Bien sûr, tous les billets ne verseront pas dans l’angélisme unilatéral. Comme dans la chanson, “il n’y a pas d’amour heureux”, on rencontre aussi des tas de c…, Adobe premier element plante régulièrement, de préférence dix secondes avant l’enregistrement automatique sur les coups de 21 heures, faire une vidéo par -5 degrés est un calvaire dont la pensée me crispe les entrailles dès l’apparition des premiers frimas automnaux. Et pour rester dans le climat, celui de la PQR est plutôt maussade en ce moment. Quant au web, c’est le sujet idéal pour se fâcher à la machine à café. “Internet, j’en ai rien à branler”, sic un collègue…